Line RENAUD
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Premier passage en vedette : Théâtre de l'A.B.C. en 1950.
Premier passage en vedette :
Théâtre de l'A.B.C. en 1950.
 
Photographie par Fédéric Le Lann
Photographie par Fédéric Le Lann
 
 

Le 2 juillet 1928, une jolie petite fille vient au monde chez les Ente, à Pont-de-Nieppe, près d' Armentières, dans le Nord de la France, dans une famille modeste dont la maman est sténodactylo et le papa camionneur dans une usine de textile.

D'une blondeur angélique, gratifiée d'un regard au bleu étincelant que rehausse une sorte de léger voile reflétant sans doute les brumes de sa région natale, elle portera le prénom de Jacqueline.

S' il passe les jours de la semaine sur les routes, son père met à profit les week-ends pour exercer ses talents de trompettiste dans une fanfare locale, et il procure en toute logique ses premières notions de musique à la petite Jacqueline. À son entrée à l'école primaire, la fillette chante déjà fort gracieusement, et se distingue si bien qu'elle remporte à l'âge de 7 ans un concours d'amateurs.

Alors que les sinistres rumeurs du conflit avec l' Allemagne s'affirment de plus en plus et que la guerre paraît inévitable, le père de Jacqueline est mobilisé, partant pour une absence qui durera cinq années et au cours de laquelle il sera un temps prisonnier.

Durant ce long éloignement, ce sont trois femmes qui prendront en charge l'éducation de l'enfant : sa mère, bien sûr, mais aussi son arrière-grand-mère et sa grand-mère maternelle.

Dans le café que tient sa grand-mère à Armentières, chantant pour eux avec le même charme tranquille qu'elle arborera sa vie durant, la petite Jacqueline fait la joie des soldats français ou alliés qui cantonnent dans les parages avant de partir au combat tandis que sa mère rêve de faire d'elle une institutrice.

Mais sa scolarité révèle davantage de dons pour l'espièglerie que pour les études approfondies, et il semble certain que, déjà, les rêves de Jacqueline soient ailleurs. Lorsqu'une amie découpe dans un journal local une annonce concernant des auditions pour le Conservatoire de Lille, elle s'inscrit en secret, ignorant que la recherche concerne en fait des chanteurs classiques.

Cette erreur de trajectoire ne s'avèrera pourtant pas inutile.

Arrivée devant le jury, elle chante un blues très populaire écrit par Loulou Gasté, "Sainte-Madeleine", puis, à la demande des jurés, une deuxième chanson, choisissant un autre titre de Loulou Gasté, " Mon âme au diable ".

Louis Gasté est à cette époque l'un des plus connus parmi les compositeurs à succès. Très jeune, il a été guitariste, et surtout le seul véritable joueur de banjo professionnel de France.

Engagé à 18 ans pour accompagner Joséphine Baker, il a participé, avec des copains comme lui passionnés de jazz, à la création du célèbre orchestre de Ray Ventura et ses Collégiens, puis a enregistré en duo à la guitare avec le génial Django Reinhardt avant de se mettre à composer.

Dès sa première chanson, le très insolite et très humoristique " Avec son ukulélé ", il a remporté un triomphe, qui ne fera que se confirmer au fil du temps avec par exemple
"Le chant du gardian" pour Tino Rossi, "Le petit Chaperon Rouge", "Le porte-bonheur",
ou encore 'Luna Park" et "Battling Joe" pour Yves Montand.

A l' issue des auditions, un monsieur se présente à Jacqueline Enté.

"Je suis, dit-il, le directeur de Radio Lille, et nous recherchons une chanteuse".

Ayant convaincu sa mère de la laisser saisir cette chance, elle interprètera sur les ondes, prenant le pseudonyme de Jacqueline Ray, un répertoire basé sur les chansons de Loulou Gasté.

En 1945, au lendemain de la guerre enfin terminée, elle décide de tenter sa chance à Paris, décrochant un premier engagement aux Folies Belleville, l'un des prestigieux music-halls de l'époque.
Josette Daydé, tête d'affiche du spectacle, prend en sympathie cette adolescente au sourire paisible, et, amusée par son admiration inconditionnelle pour Gasté, propose de le lui faire rencontrer.
Au mois de septembre a lieu le premier rendez-vous entre le compositeur adulé et la petite chanteuse. Elle a 16 ans, il en a 37, lui trouve du talent, et décide de devenir son Pygmalion, car il pressent en elle l'étoffe d'une vedette.

Si la voix est belle et la jeune fille mignonne, un travail de fond est cependant indispensable et Gasté explique ce qu' il lui faudra modifier pour se créer une image nouvelle et une véritable personnalité d'artiste.

La coiffure fait un peu " province ", le comportement sur scène n'est ni étudié ni suffisamment affirmé, et son pseudonyme manque de panache.

Peu disposée à se plier à des transformations qu'elle juge un peu radicales, elle refuse tout net, puis réalise qu'une telle chance ne se présentera peut-être plus jamais, et finit par accepter... d'autant qu'elle n'est pas insensible au charme de Loulou.

Si c'est elle qui choisit de s'appeler Renaud, le nom de sa grand-mère maternelle, il abrège son prénom en Line, plus original et plus doux que Jacqueline, lui impose des cours de danse et de chant, modifie sa coupe de cheveux, son style vestimentaire, et insiste pour qu'elle suive un régime amaigrissant...

C' est à Radio Luxembourg, où elle chante dans les émissions très populaires du dimanche matin, que Line Renaud fait ses débuts nationaux.
Ayant signé un contrat avec les disques Pathé Marconi, elle enregistre " Ma Cabane au Canada ", une composition de Loulou Gasté, bien sûr, qui lui vaut de se voir attribuer le grand Prix du Disque.

Peu après, elle passe en première partie d' Yves Montant au Théâtre de l' Etoile.

Elle enchaîne par une énorme tournée à travers l'Europe et l' Afrique, rentre à Paris pour être la vedette de l'ABC, mythique music-hall des années 1950 où elle triomphe littéralement, tout en accumulant les succès discographiques avec des adaptations de chansons américaines "Ma petite folie", "Etoile des neiges" ou "Le chien dans la vitrine".

À la fin de cette année très fertile en événements, elle épouse Loulou Gasté à la mairie du 17ème arrondissement de Paris.

La renommée de Line Renaud se développe tant et si bien qu'on la réclame à l' étranger. Traversant la Manche, elle conquiert aussi l'Angleterre, tandis que le cinéma lui fait des propositions.

En 1951, elle tourne "lis sont dans les vignes" de Robert Vernay, en 1952 "Paris chante toujours" de Pierre Montazel, dont Loulou écrit les musiques, et en 1953 "La route du bonheur" de Maurice Labro.
Lorsqu'elle est en 1954 à l' affiche du Moulin Rouge, toutes les places sont aussitôt retenues pour quatre mois.

Un soir, le grand comique américain Bob HOPE est dans la salle.
Aux États-Unis il anime à la télévision le Bob Hope Show, que le pays entier suit chaque semaine, se régalant de ses mimiques et de ses mots d'esprit, et il propose à Line Renaud de devenir sa partenaire pour cinq émissions. Dès la diffusion de la première, elle est engagée pour chanter au Waldorf Astoria, l'un des palaces de New York, puis au Coconut Grove de Los Angeles.

Mais ce n'est pas tout, car l'Amérique s'est véritablement prise d'affection pour l'artiste française au charmant accent et à la voix un peu rauque, et elle est invitée à participer également aux shows télévisés les plus regardés : ceux de Johnny Carson, de Dinah Shore, et surtout de Dean Martin, avec qui elle enregistre en duo une chanson restée célèbre, " Relaxez-vous ".

Line Renaud revient au cinéma pour tourner en 1955 " La Madelon ", film qui lui vaut de recevoir le Prix du Prestige de la France, et en 1956 "Mademoiselle et son gang", tous deux mis en scène par Jean Boyer et dont Loulou Gasté a écrit la musique.

En Angleterre, elle a sa propre émission de télévision hebdomadaire, Paris-Picadilly.
Elle chante en Espagne et au Portugal, au Canada, aux États-Unis, où elle participe aussi au célèbre Ed Sullivan Show, tourne en France, encore sous la direction de Jean Boyer, "L'Increvable" puis "Mademoiselle et son flirt", se pose à Paris pour une série de représentations enflammées au Moulin Rouge, et reprend son périple à travers le monde.

En 1959, Henri Varna, l'un des rois du music-hall parisien, lui propose de devenir meneuse de la revue du Casino de Paris, qui, intitulée "Plaisirs de Paris", tiendra l'affiche durant quatre ans. C'est là que les directeurs artistiques du Dunes, l'un des plus grands casinos de Las Vegas l' engagent pour un spectacle spécialement créé à son intention.
Prévu pour six mois, il durera deux ans.

Revenue à Paris, elle y remonte sur la scène du Casino pour une nouvelle revue, "Désirs de Paris", mais en 1968 Las Vegas la rappelle pour une suite de spectacles, dont elle assure aussi la mise en scène et la direction artistique.

Appréciée de toutes parts, elle produit également des spectacles en Floride et présente à la télévision française l'émission " Line direct ".

En France, elle crée en 1973 un show à l'américaine qu'elle va transporter durant deux ans à travers le pays, puis se porte au secours du Casino de Paris, menacé de fermeture définitive, accommodant avec Loulou Gasté une revue intitulée "Paris-Line", dont la dernière, au bout de quatre ans de succès, coïncidera avec l'anniversaire de ses trente ans de carrière.

Nous sommes en 1980, et Line Renaud va se remettre, après cette longue halte parisienne, à franchir sans cesse l' Atlantique dans les deux sens, participant aux Etats-Unis aux grands shows télévisés produisant en France " Telle est Line " sur Antenne 2, et enregistrant des disques tant en anglais qu' en français.
Alors qu'elle vogue ainsi d'une côte à l'autre, elle se lance dans une aventure inédite, débutant au théâtre avec la pièce "Folle Amanda" de Barillet et Grédy, mise en scène par René Clermont.

Démontrant un authentique talent de comédienne, elle en fait un triomphe.
Pourtant, au sein de cet incessant mouvement, de ce tourbillon de travail et de réussites, elle ne se cantonne pas dans son univers, et, concernée par les problèmes de société, prend en 1985 une initiative particulièrement importante en créant l'Association des Artistes Contre le Sida.

Engagée sans restriction dans la lutte contre un fléau mondial, elle organise des événements artistiques et télévisés permettant de recueillir des fonds pour aider dans leurs recherches les scientifiques Français.

Profitant de sa notoriété internationale, elle obtient même l' appui très actif de plusieurs vedettes américaines, qui lui apportent leur précieux concours.

En 1986, elle part en Floride jouer "Folle Amanda", adaptée en anglais sous le titre 'The incomparable Loulou" et mise en scène par Charles Nelson-Reilly, puis rentre en France pour tourner, avec Michel Galabru et Fanny Cottençon, dans le film de Roger Coggio adapté du "Mariage de Figaro".

Franchissant avec toujours la même vivacité le cap des quarante ans de spectacle, elle publie un livre autobiographique, "Les brumes d'où je viens", puis se pose une nouvelle fois au Casino de Paris pour une soirée exceptionnelle où elle retrace sa carrière en chansons et en ballets.

Parmi les prestigieux invités venus lui rendre hommage ce soir là figurent rien moins que Gregory Peck et Tom Jones.

Pourtant, si la planète entière la connaît, il est un pays où elle ne s'est jamais rendue autrement que par disque interposé, faute de temps.

Le mal sera réparé lorsque les autorités du Japon décident de fêter en 1989 le Bicentenaire de la Révolution Française avec un festival de la chanson française dont elle sera la vedette.

Dans les principales villes du pays, elle chante devant des salles archi-combles, ce qui lui vaudra un peu plus tard de tourner une émission spéciale pour la principale chaîne de télévision nippone.
Le cinéma la demande à nouveau, et elle tourne avec Philippe Noiret et Thierry Lhermitte, sous la direction de Claude Zidi, "Ripoux contre Ripoux" avant de créer au Théâtre de la Michodière la pièce "Pleins Feux", adaptée par Didier Kaminka d'après l'œuvre de Mary Orr, puis de la reprendre au Théâtre Antoine et à travers la France.

À la télévision américaine, elle tourne "Memories of midnight" avec Jane Seymour et "Sands of time" avec Roddy McDowall, tous deux réalisés par Michael Viner, et à la télévision française "Polly West est de retour" de Nelly Kaplan, au côté de Michel Galabru, ainsi que "Rendez-moi ma fille" avec Valérie Kapriski.

Après un passage au cinéma pour le film de Claire Denis " J'ai pas sommeil " avec Béatrice Dalle, sélectionné au Festival de Cannes dans la catégorie Un Certain Regard, elle joue pour la télévision "Les filles du Lido" de Jean Sagols, avec Annie Girardot et Mel Ferrer, et part présider au Japon le Festival du Film Français en 1994, année où elle est en outre nommée Officier de la Légion d'Honneur.

Début 1995, Loulou Gasté décède à leur domicile de Rueil-Malmaison, laissant à Line une blessure au cœur, et à la postérité plus d'un millier de chansons dont certaines ont été interprétées par une pléiade de stars internationales.

Choisissant le travail comme thérapie, Line Renaud crée au mois de septembre, à Lyon, une nouvelle adaptation de "La visite de la vieille dame" de Friedrich Durrenmatt, quelle reprendra un peu plus tard à Paris au Théâtre du Palais Royal.
Elle tourne également pour la télévision "L'embellie", avec Jean-Pierre Cassel, "Sixième Classique" avec Véronique Genest, "La Voisine", "Une Femme d'action", "Garance et Mélanie", et, pour le cinéma, avec Thierry Lhermitte, "Ma femme me quitte" de Didier Kaminka.

Elle publie par ailleurs son deuxième livre, "Maman", où elle exprime l'amour très profond qui la lie depuis toujours à sa mère.

>Après avoir tourné pour le petit écran "La grande béké" et "A nous deux la vie", Line Renaud, fidèle à son engagement et à ses convictions, participe à la quatrième Marche Pour La Vie organisée à Paris dans le cadre de la lutte contre le sida. Pour elle, en effet, ce combat est l'un des plus importants au monde, tant l'épidémie s' étend en Afrique, en Asie ou dans les pays de l'Est, et il reste indispensable de continuer à recueillir des fonds pour aider la recherche, mais aussi les associations d'aide aux malades et les familles.


Puis on la retrouve avec Catherine Deneuve et Vincent Lindon dans le film de Gabriel Aghion " Belle Maman ", et avec Michèle Laroque dans " Doggy Bag " de Frédéric Comtet tandis qu' à la télévision elle tourne " Louise et les marchés " et " La petite fille en costume marin ".

En juin 1999, Simone Enté, la maman de Line s'éteint à 94 ans, au terme d'une longue complicité et d' un long élan d'amour, et Line, une fois encore, s'investit dans le travail pour farder sa peine.

En septembre, la voici de retour en Amérique, où elle participe à l'inauguration de l'hôtel Paris Las Vegas, qui reproduit à échelle réduite les plus grands monuments et les quartiers les plus caractéristiques de la capitale française, à commencer par la Tour Eiffel et l'Arc de Triomphe.

Elle y présente notamment des extraits de la comédie musicale "Notre-Dame de Paris", dont elle a convaincu des investisseurs américains de produire une version anglaise.
Poursuivant ainsi avec opiniâtreté et toujours la même générosité les chemins de la vie et de la célébrité, Line Renaud reste, dans les cœurs des citoyens du monde, l'une des artistes les plus entreprenantes et les plus aimées, car le public, partout, sait retourner au centuple son affection à ceux qui lui manifestent la leur.

Biographie, par Alain-Guy Aknin et Philippe Crocq

 
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